F.Auboin - Université de Poitiers - UFR Sciences Humaines et arts - Licences Mention Documentation.
Document annexe : illustration du propos avec le site : http://www.sha.univ-poitiers.fr/documentation
ComplémentaritéS des cours en ligne et des cours en présence : base de travail, tutoriel et outil de connaissances.
Ce site est né d'une volonté de dynamiser l'enseignement magistral prévu dans les différents modules de la Mention " Documentation" , d'expérimenter et d'évaluer ce que l'on peut faire avec un site alors que l'enseignement en présence est organisé de façon classique .
¨ Les objectifs :
- Proposer aux étudiants une base de connaissances et de travail pour un certain nombre de cours.
- Rendre l'étudiant plus actif dans les cours en présence.
- Confronter l'étudiant à son investissement personnel dans la construction de sa formation.
- Faciliter l'organisation de certains cours, TD et TP avec la mise en ligne d'une base de travail et d'un tutoriel qui guide la progression.
¨ La mise en œuvre technique :
Le site a été réalisé, en Septembre 2000, avec une "rustine" à un moment où le site de l'UFR démarrait ; c'est pourquoi sa présentation graphique est si différente de celle du site officiel ; il a été réalisé avec un outil de fortune, Netscape composer, qui ne donne pas beaucoup de latitude, quant à une éventuelle créativité graphique. Certains textes sont plus anciens que la date de création mais présentaient un intérêt.
Depuis la rentrée 2001/2002, la création d'un DESS de webmaster éditorial, dont je suis en en quelque sorte le "directeur des études", change la donne ; Les étudiants, à qui j'ai adressé un cahier des charges, doivent le "relooker", selon trois commandes : sobre, esthétique, innovant, reprenant certains éléments de la charte graphique du site de l'Université. Cette nouvelle présentation sera opérationnelle au mois de mai.
¨ Le choix des cours :
Plusieurs cas de figure :
Il ne s'agit pas de l'ensemble des cours de la licence ; le choix s'est porté sur des cours qui nécessitent un approfondissement, qui provoquent un débat ou bien des cours qui servent de base à un TD ou encore des cours descriptifs ( par exemple les outils bibliographiques) qui servent de base à un TD en présentiel.
Exemples : Cours amenant à une réflexion : la bibliothèque virtuelle : la base de connaissances qui est en ligne est considérée comme une lecture de base qui doit être faîte avant le cours en présence ; le cours en présence donne, alors, lieu à un autre contenu, en relation avec le thème, mais qui approfondit, apporte un complément d'information ( la presse d'actualité en ligne : topo général des caractéristiques de la presse en ligne, puis en TP analyse de sites ; la lecture de l'écran). Un TD est aussi organisé autour du livre numérique, la télévision numérique, à partir d'un texte).
Information et société : la lecture de cette base de travail doit susciter un questionnement que l'étudiant doit envoyer par email ; le cours en présence est divisé en deux temps : un temps pour le débat et un temps pour un complément d'information : ex : l'administration électronique : état des lieux ; Origines de la société d'information : l'histoire de la Silicon Valley ; organisations et réseaux ; guerre de l'information.
Cours descriptif ne présentant aucune difficulté ; Ex : Les industries de l'information : seul, le plan détaillé est mis en ligne ; les documents annexes : chiffres clés, typologie des BDD, coût de l'information, sont distribués sur support papier.
2ème exemple : les outils bibliographiques : la sélection d'outils mise en ligne remplace avantageusement la longue litanie orale, descriptive. Les heures "récupérées" en présentiel sont alors consacrées aux démarches intellectuelles et méthodologiques du travail de recherche qui nécessitent la médiation humaine. Apprendre à questionner systématiquement un sujet, relier les questions, les connaissances, les lectures, développer une prise de notes innovante, mobiliser toutes ses ressources propres, enrichir son propre questionnement par la confrontation à l'autre ne peuvent que se travailler en présence de ses pairs et de l'enseignant. Le dialogue pédagogique prend alors tout son sens. Les séances de TD sont consacrées à la recherche de solutions devant une série d'études de cas, dans les salles de la BU ; l'enseignant, présent, devient alors tuteur, guide de l'étudiant qui agit.
L'étudiant prend connaissance de la liste d'outils à utiliser, mise en ligne ; Tous passent par l'impression des 8 pages ; ils prennent aussi connaissance des études de cas sur lesquelles ils doivent travailler par binôme, en s'appuyant sur l'exemple développé par l'enseignant. Leur travail de recherche doit aboutir d'une part au résultat final ( la réponse) mais aussi à la démarche utilisée, à la justification des outils choisis.
Certains cours ne sont pas en ligne : histoire des pratiques de lecture, histoire du livre, histoire de la radio et de la télévision parce qu'ils font partie des cours qui ne sont pas proposés chaque année. La partie historique est soumise au profil des étudiants depuis que nous avons ouvert une unité d'enseignement optionnel : histoire des médias. Ils sont très factuels et ne nécessitent pas toujours un débat ; d'autre part, ces cours font appel à de nombreuses diapositives, transparents, livres anciens ( collection personnelle) etc.. qui obligerait à demander les autorisations sur un plan juridique et alourdirait considérablement le temps passé. Ce sont aussi des cours qui sont accompagnés de visites, dont le compte rendu ne présenterait aucun intérêt sur le site.
Certains, annoncés, ne sont pas en ligne, parce que je me heurte à des difficultés techniques, notamment pour faire "passer" techniquement des schémas heuristiques, avec lesquels je travaille beaucoup. ( montrer un exemple : schéma dans le cours "le cyberdocumentaliste": passer par un logiciel de traitement d'image, puis par un copier/coller, rapatrier la page à l'endroit où elle doit s'insérer). Ces schémas sont présentés au format paysage qui ne donne pas satisfaction dans le cadre de l'écran.
D'autres enfin sont en ligne sans les documents d'accompagnement ( notamment les schémas heuristiques).
¨ Les tutoriels :
Le mot convient-il pour ces cours qui sont une base de travail pendant les TD ou TP en présence ? Il s'agit des TD et TP sur les outils bibliographiques et sur les outils de recherche sur Internet. Exemple : les TP Internet : Les pages, mises en ligne, sont le support qui nous sert pendant le TP. Un complément d'informations est apporté pendant que les étudiants expertisent les outils de recherche, volontairement limités. Les étudiants doivent expertiser les robots de recherche et là encore l'enseignant en est le guide indispensable, par les commentaires liés à chaque action, la réflexion à mener pour comprendre ces outils. Il s'agit là d'un guide de niveau 1, qui est affilié au cours sur la recherche documentaire ; le niveau 2 n'est pas en ligne. ( il porte sur le référencement, les index, etc.. et ne sera opérationnel que l'année prochaine.)
¨ Les limites : d'ordre technique, juridique, intellectuel, humain.
Technique : un certain nombre de documents passent mal : les schémas heuristiques ; obligation de passer par un mode image sous un logiciel de traitement de l'image puis de faire un copier/coller ; technique simple, dans sa procédure technique mais obligeant à des manipulations qui alourdissent le temps de travail ( ex : le schéma dans cyberdoc).
Juridique : Pour les documents que l'on peut montrer en cours mais pas en large diffusion ; Pour les liens si l'on s'en tient aux recommandations de demander l'autorisation de l'Institution vers laquelle pointe le lien ; pour ma part, je n'ai demandé, jusqu'à présent qu'une seule autorisation ( F.Quaire) faute de temps.
Intellectuel : comment opérer un choix dans les cours qui sont en ligne et les autres ? Partir de la demande des étudiants ? En ce cas, tout serait en ligne ! Comment éviter l'accumulation d'un site qui grossit d'année en année ? Combien de temps laisser un cours en ligne ? Difficulté de mise à jour des contenus intellectuels ; certains cours nécessitent une refonte complète : c'est le cas du cours " du codex à l'écran" qui est complètement refait même si des éléments restent. La nouvelle version s'adresse aux étudiants webmaster et est plus complète, avec une analyse historique de l'évolution des mises en page ( à partir de documents mis sur transparent mais qui ne peuvent être mis sur un site public). D'autres ne sont l'objet que de mises à jour partielles ou des mises à jour d'adresses.
Les remarques des étudiants sont sollicitées pour faire évoluer l'apport du site. Par exemple, tous demandent la mise en ligne d'un lexique pour certains termes . Le problème de conception de ce lexique se pose alors en ces termes : il faut un lexique convocable en ligne au moment même où la définition répond à un besoin urgent pour continuer la lecture, et donc concevoir un lexique commun à tout le site et qui serait conçu comme une page mais dont les définitions seraient reliées aux différents cours dans lesquels les notions sont abordées. Faut-il alors une page web pour chaque définition des termes ?
humain : or ce travail est réalisé en plus..., pas vraiment reconnu dans le temps de travail de l'enseignant qui le réalise ( mais c'est un autre problème) ; Le temps passé devient inversement proportionnel au temps humain, celui d'une journée viable... et vivable !
¨ La Réception des étudiants : Quelques pistes d'analyse à partir d'un questionnaire :
¨ Concurrence avec les cours en présence ? : En fait, peu d'absentéisme de ce fait là mais au contraire une aide pour certains étudiants qui ne peuvent pas assister à tous les cours ( salariés, cours qui se chevauchent).
¨ Beaucoup d'étudiants de Sciences Humaines ne sont pas encore équipés à titre personnel. Ils doivent alors accéder aux salles informatiques de l'université, pas encore assez nombreuses, ni largement ouvertes ( horaires). Pour tous ceux là, une impression est nécessaire, ce qui limite le côté web, notamment pour les liens hypertextes, qui deviennent inopérants. Se pose alors, par exemple, le problème du lexique. Si chaque définition fait l'objet d'une page, l'impression devient un gâchis de temps et de papier
¨ Pour ceux qui ont un accès web personnel, il en est de ces cours comme du reste ; on peut imaginer qu'en lisant le cours, ils activeront les liens vers les sites qui apportent une information complémentaire. Mais on ne peut être derrière eux et on ne peut être vraiment sûr que les liens sont tous ouverts, même quand il n'y en a pas beaucoup. Mais il s'agit là d'une remarque qui s'applique tout aussi bien à une attitude face aux lectures personnelles que l'étudiant doit faire ; c'est à dire que le "voir aussi" laisse au lecteur la liberté de lire ou d'aller sur un site ; ( même chose quand on leur signale un ouvrage qui est important) ; Signaler et/ou enjoindre ? C'est un autre débat.
¨ Tous les étudiants qui participent à ces enseignements affirment l'aide considérable de ce site, apprécient l'utilisation qui en est faîte en TD ou TP. Ce site devient pour eux une base de travail mais aussi une base de départ pour chercher. Mais ils affirment tous, aussi, que l'enseignement du site ne suffirait pas et que les débats, les réponses apportées en cours, en TD,TP, les compléments, la relation à l'enseignant qui motive, ouvre des chemins, sont irremplaçables ( ou alors il faudrait avoir tous les cours et faire de temps en temps des regroupements : projet à l'étude : une cybermention à distance).
¨ Tous apprécient la complémentarité de cette formation différente des formations disciplinaires, différant tant dans son contenu que dans son approche pédagogique. Mais, sans aucun doute, le contenu induit ce type d'enseignement. Il en est de ce site comme pour les travaux d'évaluation qui sont d'une autre nature que les exposés qu'ils peuvent réaliser dans les disciplines traditionnelles. ( Synthèse bibliographique, étude de cas bibliographiques, dossier de synthèse, webographie).
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